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Emmanuel Gault

Trail

La CCC, c’est ça !

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Courue au même moment que l’UTMB (mais avec quelques heures de décalage), la CCC propose 98km et 5600m de D+ aux 1800 traileurs inscrits. Manu Gault, cinquième de l’édition 2010, raconte sa CCC. Forcément, il y a des frissons qui remontent le long de la colonne…

épisode 1 : le scénario de départ

L’année dernière, j’avais réellement l’impression de partir dans l’inconnu – comme un acteur qui va découvrir son texte en entrant sur scène. Un acteur avec des dispositions sur les longues distance et possédant une bonne vitesse de base mais un acteur qui découvrait la haute montagne et le parcours colossal de la CCC : 98kms pour 5600 mètres de dénivelé à gravir et à descendre autour du Mont-Blanc. Scénario épique garanti ! Surtout lorsque la météo s’invite comme un acteur majeur…

épisode 2 : la préparation

Conscient de mon inexpérience sur ce genre d’épreuve, j’ai tenté d’anticiper en amont tous les détails qui pouvaient m’aider à me sortir du mieux possible de cette expérience inédite pour moi. Programme : une reconnaissance sous forme de stage deux mois avant l’échéance ainsi qu’un stage de préparation en montagne. Je voulais savoir ce que j’allais rencontrer comme terrain. Et contrôler la manière dont mon corps allait se comporter en haute altitude et sur une épreuve aussi longue (au delà de douze heures de course).

épisode 3 : le matériel

Un trail de cette ampleur nécessite un équipement un peu particulier. Je m’étais donc préparé à courir avec des bâtons pour affronter le dénivelé (ce que je ne ferai pas cette année) et avais prévu une stratégie de ravitaillement pour ne pas manquer (boisson énergétique dans de petits sacs pour gérer l’hydratation entre les ravitos très espacés) et barres souvent en surplus dans la pochette du porte bidon. Matériel de sécurité assuré aussi avec veste anti-pluie, couverture de survie, sifflet… Tout était prêt pour affronter les conditions que seule la montagne peut réserver.

épisode 4 : le départ

Une ambiance teintée de respect, de crainte aussi probablement et d’envie gagne le peloton. Ce matin là, nous partons dans une ambiance pluvieuse et nous savons que la montagne peut nous réserver de vilaines surprises quand nous serons sur les hauteurs… Au pied du plus grand massif d’Europe et avant le départ pour cette épopée collective mais une aventure personnelle, le silence gagne la masse des coureurs. Nous le savons tous, un défi particulier nous attend. Je me surprends à croiser les doigts. Je prends un départ rapide mais prudent. Il s’agit de rester aux avants postes mais de ne pas griller de cartouches qui seront utiles plus tard.

épisode 5 : une bonne entame

Pour la CCC, et les ultras de manière générale, la première moitié de l’épreuve est souvent celle où tout se passe bien. Pour moi, la gestion de l’allure est bonne. Je gère facilement les ravitos et la fatigue n’est pas encore trop présente pendant les six premières heures de course. Je passe en cinquième position en haut du premier sommet (2600 m d’altitude) en ayant repris des nombreux départs « canons » du matin. Et après un ravito express dans la vallée, je passe même 3ème en haut du grand col Ferret, une interminable montée où les bâtons me sont bien utiles même si je n’excelle pas dans leur utilisation. Un Grec fait cavalier seul devant et j’ai le second à une poignée de secondes devant au moment de la bascule. Tout va donc pour le mieux….

épisode 6 : évènements imprévus

Après un long raid entre ascensions et descentes, une bonne gestion de l’allure et des ravitaillements, je suis, à vingt kilomètres de l’arrivée, en quatrième position. Après un premier avertissement sous forme d’hypo dans l’ascension précédente, j’ai rétrogradé d’une place mais réussit à me refaire une santé dans la descente. Les jambes se font lourdes, les muscles de plus en plus durs et le souffle de plus en plus court. Mais c’est pareil pour tout le monde, et dans ce cas là, c’est bien souvent le mental qui prend le dessus. Je repars donc pour la dernière montée vers La Flégère. Ascension difficile, au sol très irrégulier et rocheux (pas trop mon terrain préféré).

Jusqu’au pied, tout va bien, mais au bout de quelques hectomètres, tout se brouille. Ma vue se trouble, je transpire à grosses gouttes et mes forces s’envolent. Je connais alors une hypoglycémie incroyable. Autant la première faisait partie de ce qui était prévisible, autant là je connais un épisode inédit dans ma carrière de sportif. Le temps se gâte sérieusement de surcroît, nous évoluons maintenant sous une pluie battante et devons enjamber des ruisseaux. La nuit tombe brusquement. Le brouillard fait son apparition et j’ai même du mal à distinguer le balisage. A ce moment de la course, je me sens très mal engagé. Voire presque en danger ! Moi, le coureur originaire du sud, peu habitué aux conditions difficiles et à la haute montagne…

épisode 7 : la rencontre

C’est ici que la course prend vraiment une allure de fiction. Je suis depuis une vingtaine de minutes au plus mal mais me ravitaille et fais le dos rond en attendant que l’énergie me revienne. Je courbe l’échine sous des conditions de plus en plus difficiles et me demande à cet instant comment je vais bien pouvoir relier l’arrivée. Pourtant, je n’ai qu’une seule idée : aller au bout…

Ces moments sont longs, très longs ! C’est alors que je vois sous moi, dans la pente, une lumière petit à petit se dessiner et grossir. Lorsque elle revient enfin à ma hauteur, j’aperçois mon pote de team Frank Bussière, grand habitué des courses de montagne et qui a magnifiquement géré sa course. Nous nous sommes préparés ensemble durant tout l’été pour cette épreuve et avons noué une grande complicité. Et à ce moment de la course, l’un comme l’autre sommes très heureux de nous retrouver.

épisode 8 : la fin de l’épreuve

A partir de ce moment, mon ravitaillement commence à faire effet et les forces me reviennent. Nous évoluons ainsi de concert avec Frank et j’avoue que se présence me galvanise, lui qui connaît si bien la montagne. Nous alternons entre les rires d’être dans des conditions aussi dantesques (nous traversons maintenant de vrais ruisseaux au milieu des rochers dans le noir et le brouillard) et la hâte de se sortir de ce guêpier et d’atteindre la dernière descente.

Avant cette descente, une tente nous accueille avec une soupe chaude et nous prenons le temps de la déguster tant nous sommes frigorifiés. Nous perdons dans ces instants la quatrième place puisqu’un coureur nous passe pendant que nous sommes à l’abri. Au final, nous effectuerons une dernière portion en duo resserré et c’est ensemble que nous atteignons les derniers hectomètres de course.

épisode 9 : la ligne d’arrivée

Nous savourons tous les deux ces derniers mètres. Soulagement d’avoir fini, bonheur de retrouver la civilisation, joie de terminer à une très belle place sur une épreuve aussi prestigieuse et satisfaction d’avoir dépasser nos limites dans de telles conditions.

L’aura de l’épreuve, le public très nombreux et le franchissement de la ligne d’arrivée main dans la main avec Frank me donnent la chair de poule. Un grand moment d’émotion qui parachève plus de 12 heures d’effort. Un vrai bonheur. A cet instant, tout est oublié. La peur, les hypoglycémies qui me coûtent une bien meilleure place, les heures passées à la préparation. Je m’assois et je savoure. Simplement.

épisode 10 : L’après CCC

Je n’ai rien oublié de cette CCC. Chaque instant de cette course résonne en moi aujourd’hui encore. Je n’en retire que du bon. Pour moi, il y a eu un avant CCC et un après… Cette épreuve m’a fait grandir, découvrir des choses et des sensations jusqu’à alors inconnues. Dans quelques jours, je serai au départ de l’édition 2011 malgré une préparation raccourcie. Je sais que douze heures de moments très intenses m’attendent. Et qu’un nouveau scénario va s’écrire. Je raconterai ma CCC 2011 ici même. Sur runners.fr. A très vite…

Emmanuel Gault

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Commentaires

  1. Stéphane Schweig dit

    17 août 2011 à 22 h 24 min

    Beau récit, Manu! J'y serai aussi, mais pas vraiment dans les mêmes objectifs de temps que toi…

    Répondre
  2. Philippe Adams dit

    18 août 2011 à 6 h 43 min

    j'y serai aussi…. mais loin derrière. But: arrivé au bout dans les temps….

    Répondre
  3. Elodie Bernascon dit

    18 août 2011 à 9 h 38 min

    Ça donne envie Manu…

    Répondre
  4. Gero Julien dit

    18 août 2011 à 14 h 46 min

    et oui!! c la vie !!! hein papy! mdr!

    Répondre
  5. Philippe Adams dit

    18 août 2011 à 14 h 47 min

    rira qui rira le dernier……

    Répondre
  6. Didier Nadine dit

    11 janvier 2014 à 13 h 18 min

    Article ancien mais que d émotions surtout quand le fils de manu est euphorique, moments uniques, des frissons pendant la lecture du récit de la course.

    Répondre

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