Runners.fr

nés pour courir

  • Entraînement
  • Nutrition
  • Santé
  • Communauté
  • Courses
  • Trail
  • Equipement

Pascal Silvestre

Rédacteur en chef

Trail

« J’ai pris une belle grosse claque ! »

50 Partages Partager sur Facebook Twitter Google+ Email

Lavaredo Ultra Trail
Traileuse expérimentée, Catherine a participé récemment au Lavaredo Ultra Trail dans le cadre de sa préparation à l’UTMB. 120km et 5 858 mètres de dénivelé positif : la balade dans les Dolomites s’est transformée en voyage au pays de l’extrême pour cette Free Runneuse ascendant courage…

« Je m’étale lourdement dans une mare de boue. Mais à part ça, ça roule ! »

23h. Heure habituelle du coucher. J’ai devant moi un effort approchant les deux tours de cadran. Je pars motivée et raisonnablement sereine pour ce qui est le plus long parcours de mon expérience de traileuse – débutée totalement par hasard voici cinq ans. Comme une appréhension tout de même à l’idée de l’effort gigantesque à accomplir. Mais je compte sur l’expérience acquise lors de mes courses de plus de 100km et sur cette bonne étoile qui m’a permis lors des 24 derniers mois de monter sur pas mal de podiums.

Le programme est le suivant : 120km pour 5850m de D+ dans un paysage grandiose au cœur des Dolomites. Parcours très roulant et (donc) parfait pour moi. Nous sommes environ 800 au départ. J’entame ce Lavaredo Ultra avec le plaisir de crapahuter la nuit dans la montagne, précédée et suivie de ces rubans de lumières dessinés par les frontales qui dansent dans le noir et ouvrent le chemin.

Les 33 premiers kilomètres à 7,5 à l’heure : je déroule et suis parfaitement heureuse d’être là. Très concentrée sur le sol, pour bien éviter racines, mares, pierres… Après 3h de course, je casse néanmoins un de mes bâtons en sautant au dessus d’un ruisseau. 2h plus tard je m’étale lourdement dans une mare de boue. A part ça, ça roule !

Lavaredo Ultra Trail

« Arrivée au refuge, je pleure. Des larmes incontrôlables. Je demande à m’allonger. »

5h du mat. Plus de six heures déjà que le départ a été donné. Nous longeons un lac entouré de grands hôtels chics se détachant sur les montagnes. Le jour se lève et illumine de rose les quelques nuages flottant dans le ciel. L’instant est magique, digne d’une image de carte postale.
Et bang, première grosse claque ! La montée vers le refuge Aurizio, au km48, est ardue : un pas pesant après l’autre, regard à la recherche d’un coin d’herbe où m’étendre et tenter de dormir… La fatigue me tombe dessus telle une massue. Le chemin n’en finit pas, de replat en replat. Arrivée au refuge, je pleure. Des larmes incontrôlables. Je demande à m’allonger. Couchée dans une chambre, pelotonnée sous une couette, je me programme 2×15′ de sieste, mais n’arrive pas à dormir.  Ni à manger d’ailleurs. Après 1h15, je repars. J’ai perdu 180 places.

Débute une longue descente d’une douzaine de kilomètres suivie d’un plat interminable. Au point où j’en suis, je décide de profiter du paysage, de m’autoriser le temps de regarder autour de moi, de prendre des photos… Assez vite cependant, la combativité reprend le dessus. Je remonte les coureurs (lentement mais sûrement) et retrouve mon compère Régis avec qui j’ai pris le départ couché dans l’herbe au bord du chemin. Nous attaquons ensemble la quatrième grosse bosse de la course. Les kilomètres passent mais pas assez vite à mon goût. Déjà près de 11h que nous sommes partis et nous n’avons fait que 65km. Il en reste 55 à venir. De loin les plus durs.

Tout va. Mais je suis épuisée. Comme à bout de forces.

Régis parle d’abandonner. Pour fuir cette idée, j’accélère et me retrouve seule à nouveau. Face à moi, le dernier très gros morceau de la course : une montée de 12km, suivie de six petites dents, avant la descente finale d’une bonne douzaine de km également. Nous formons un petit groupe pour mieux venir à bout de cette difficulté qui n’en finit pas. On échange entre Italiens, Croates, Français, Belges… C’est dur mais aussi très humain. Convivial et parfois cocasse. Nous éclatons ainsi de rire lorsqu’il s’agit de se déchausser pour franchir un torrent assez large. Un peu moins lorsque la même chose se représente 200m plus loin, et encore quelques mètres plus loin… Pour ce troisième passage, nous ne prenons même plus la peine d’enlever quoi que ce soit…

Et là, progressivement, après environ 16h de course, la fatigue me tombe dessus à nouveau. Les jambes tiennent, le dos tient, l’estomac ne tolère pas grand-chose à part des bananes. Tout va. Mais je suis épuisée. Comme à bout de forces. Les heures qui suivent, entre montées sur sol caillouteux dans le brouillard, nombreuses traversées de névés, descentes dans les prairies humides, chemins dans des cirques géants à près de 2500m d’altitude sont de plus en plus cauchemardesques.

Lavaredo Ultra Trail

Abandonner ? Ma fille m’a appelée avant le départ. Ses mots : « L’abandon n’est pas une option. Tu finis en rampant s’il le faut mais tu n’abandonnes pas. Tu peux m’appeler à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. » Ses messages tout au long de la journée m’encouragent. Le débat intérieur se fait cependant de plus en plus insistant. Mais abandonner pourquoi ? Et où ? Et comment ? Je n’ai aucune envie de me faire un bon diner. L’idée d’un verre de vin me donne la nausée (c’est dire !). Je ne suis même pas blessée. Je décide de voir jusqu’où je peux pousser mon corps, dussé-je ramper pour terminer. Dans les dernières montées, appuyée sur mon unique bâton, j’ai le sentiment que je vais tomber à chaque pas. Je suis à moins d’un km/heure, je me sens comme une épave. Et c’est si long ! Chaque mètre en parait trois. Il me faut 2h pour faire 5km entre deux ravitaillements.

« La leçon du Lavaredo, elle est là : l’ultra ça ne s’improvise pas. »

C’est décidé, l’année prochaine, je prépare mon premier marathon ! Cette résolution alimente longuement mes réflexions. Au moins, me dis-je en guise de consolation, même si c’est dur, ça ne dure que quelques heures ! Car comment justifier d’être aussi mal durant autant d’heures. Ça n’a aucun sens. Je remets en cause toutes mes idées de courses à venir. Je commence à envisager de renoncer à l’UTMB prévu fin août. Privée de sommeil, je ne suis bonne à rien : autant en tirer tout de suite les leçons.

Dernière descente. Je cours vers le dernier ravitaillement. Régis me dépasse en trombe. Je suis heureuse de passer ces derniers kilomètres avec lui. L’arrivée n’est pas loin. Enfin, deux heures tout de même. Avec déjà 20h30 dans les jambes, le moindre effort devient brutal. Sur la route qui nous mène à l’arrivée dans Cortina, je commence à zigzaguer. Je dors littéralement debout. Après 22h32 de course enfin, l’arrivée. Plus d’énergie pour des larmes qui défoulent. Juste l’envie de me mettre au lit. De dormir. Immédiatement.

Lavaredo Ultra Trail

Le lendemain, j’ai presque tout oublié. Pas de courbatures, pas d’ampoules. Le souvenir que c’était dur, bon d’accord, mais franchement Catherine, si tu avais une meilleure hygiène de vie, dormais plus, picolais moins… La leçon du Lavaredo, elle est là : l’ultra ça ne s’improvise pas.  Il faut combiner entraînement, mental mais aussi la forme de fond. J’ai deux mois avant l’UTMB…

Trail

Plans d'entrainement

Calcul de vitesse

distance:
temps:  h  mn  sec
vitesse:
allure:  mn  sec

Retrouvez-nous

runners.fr

Mentions légales

Conditions générales d’abonnement
Conditions générales de vente

Copyright © 2026 · News Pro Theme on Genesis Framework · WordPress · Se connecter

Gérer le consentement
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}