Runners.fr

nés pour courir

  • Entraînement
  • Nutrition
  • Santé
  • Communauté
  • Courses
  • Trail
  • Equipement

Yann Le Meur

Chercheur en physiologie de l'exercice

Courses

Faut-il « coucher » la veille d’une course ?

369 Partages Partager sur Facebook Twitter Google+ Email

Pieds sexe
Faut-il donc s’abstenir de toute activité sexuelle à l’approche immédiate d’une compétition running ? Beaucoup persistent à le penser sans pouvoir avancer le moindre argument véritablement convaincant. N’est-il donc pas plus judicieux de s’éclater (lorsqu’on le peut) ?

 

Un cliché qui remonte à l’antiquité…

Les ébats sexuels avant une compétition sportive sont considérés comme responsables d’une baisse de la performance depuis Rome et la Grèce Antique. A cette époque, on pensait que l’abstinence constituait le meilleur moyen de s’assurer de la parfaite union entre le corps et l’esprit. Et d’estimer alors que faire de grands sacrifices ne pouvait que mener à de grands succès.

C’est d’ailleurs aujourd’hui encore cette raison qu’évoquent nombre de coaches lorsqu’ils recommandent (ou imposent) l’abstinence avant une compétition. S’y astreindre étant selon eux le meilleur moyen d’éviter que le taux de testostérone ne dégringole avant de s’aligner sur une ligne de départ.

 

Aucune évidence scientifique…

Le sujet du rapport entre l’activité sexuelle et la baisse des performances irrite d’autant plus – particulièrement lorsque l’on sait que 450 000 préservatifs ont été distribués aux athlètes du village Olympique lors des Jeux de Rio – que les arguments scientifiques se font plus rares pour en conforter les fondements. Au cours des dernières années, quelques études scientifiques ont tenté de clarifier la question, avec pour enjeu majeur de déterminer si le sexe avant une compétition est véritablement susceptible de dégrader le niveau de performance.

La première étude de ce type fut ainsi menée dans les années soixante sur un groupe de 14 femmes actives âgées entre 24 et 49 ans, chez lesquelles fut évaluée l’impact du sexe sur les qualités de force. Ces dernières furent ainsi testées à deux reprises : une première fois le lendemain matin d’une soirée durant laquelle elles avaient consommer l’acte, une seconde fois, six jours plus tard, sans que rien ne se soit passé la veille. Aucun effet ne fut constaté, dans un sens comme dans l’autre puisque leurs performances apparurent semblables dans les deux cas !

Plusieurs années plus tard, en 1995, une équipe de chercheurs américains du Minnesota reproduisit l’expérience avec un groupe de jeunes hommes et testa leur performance physique lors d’un test d’endurance sur vélo. Là-encore, aucune différence claire ne fut constatée, qu’ils aient eu un rapport sexuel 12 heures plus tôt ou non. Ces chercheurs constatèrent cependant qu’un effet négatif sur la performance était constaté lorsque ce délai était réduit à 2 heures avant le test. Notons toutefois qu’il reste plus probable d’avoir la tête à autre chose qu’à une partie de jambes en l’air lorsqu’il s’agit de prendre le départ d’un semi ou d’un marathon dans les 2 heures qui suivent…

En clair, on retiendra que le sexe ne semble pas problématique lorsqu’il est pratiqué la veille d’une course. Ce résultat s’avère d’ailleurs d’autant plus logique que la dépense énergétique (et la fatigue) qu’il engendre, reste bel et bien très limitée (de l’ordre d’une cinquantaine de calories, soit à peine 5 petites minutes de footing).

Close-up of couple's feet cuddling

Excellent pour combattre l’anxiété des veilles de compétition !

Si l’impact physiologique du sexe sur le plan physiologique semble très peu susceptible d’infléchir la performance sportive, certains scientifiques y voient même un intérêt potentiel sur le plan psychologique. S’ébattre sous la couette la veille d’une compétition pourrait en effet constituer un moyen judicieux de se relaxer et d’évacuer le stress pour les plus anxieux.

Lorsque l’on sait que la nuit précédant une course est souvent perturbée par un trop-plein d’émotions chez certains coureurs, le sexe pourrait ainsi constituer une activité recommandée pour trouver plus facilement le sommeil et s’élancer dans un meilleur état de fraîcheur sur la ligne de départ le lendemain.

 

Avec modération…

Au final, il ressort que le sexe avant une compétition est très peu susceptible d’en perturber l’issue. C’est en fait lorsqu’il est associé à un contexte plus festif impliquant la consommation d’alcool, de tabac ou à l’accumulation d’une dette de sommeil que le sexe est à bannir d’une veille de course.

Le sexe n’est donc pas, en soi, problématique pour la performance sportive la veille d’une compétition. Il suffit simplement de savoir le consommer avec modération. Pour reprendre l’expression de Haile Gebreselassie : « Oui au sexe avant un marathon. Mais pas un marathon sexuel ! »

Par Yann LE MEUR
@YLMSportScience

Courses

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plans d'entrainement

Calcul de vitesse

distance:
temps:  h  mn  sec
vitesse:
allure:  mn  sec

Retrouvez-nous

runners.fr

Mentions légales

Conditions générales d’abonnement
Conditions générales de vente

Copyright © 2026 · News Pro Theme on Genesis Framework · WordPress · Se connecter

Gérer le consentement
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}