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Yann Le Meur

Chercheur en physiologie de l'exercice

Entraînement

Augmentez votre kilométrage sans danger

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Le facteur déclenchant d’une blessure est-il lié au kilométrage total ou à la manière dont ce kilométrage fluctue ? Des études scientifiques récentes apportent une réponse à cette question. Et confirment que l’on ne se blesse pas parce que l’on s’entraîne trop mais parce que les pics d’entraînement sont mal gérés.

 

Savoir adapter sa charge d’entraînement

Pour devenir un coureur plus performant, la meilleure stratégie consiste généralement à augmenter sa charge d’entraînement. Pour ce faire, on peut jouer aussi bien sur le volume (le kilométrage) et l’intensité des sorties d’entraînement (l’allure de course) mais il s’agit toujours de respecter la capacité de récupération de l’organisme.

Lorsque l’on s’entraîne plus, l’organisme est en effet mis davantage à contribution : les courbatures s’intensifient et persistent plus longtemps tandis que certaines pathologies bénignes peuvent parfois faire leur apparition. Ces périodes de surcharge s’avèrent ainsi plus risquées et il est donc essentiel de bien comprendre la manière dont la charge d’entraînement influence réellement le risque de blessures.

 

L’augmentation brutale du volume d’entraînement est dangereuse

Des études scientifiques récentes menées dans le domaine des sports collectifs apportent à cet égard des informations précieuses, susceptibles d’intéresser les coureurs à pied. Il ressort de celles-ci que les hautes charges d’entraînement ne constituent pas nécessairement le principal facteur de risque. C’est en fait davantage la manière d’arriver à un pic qui influencerait le risque de se blesser. Ces recherches montrent ainsi d’une part que le risque de blessure n’est pas accru chez les sportifs qui s’entraînent davantage. Au contraire, il semblerait même que de manière générale, l’entraînement constitue le meilleur moyen pour réduire le risque de blessure, notamment lorsqu’il contient un travail préventif de renforcement musculaire.

Le corps humain est en effet doté d’une formidable capacité d’adaptation qui lui permet de rapidement s’ajuster en fonction des contraintes qu’on lui impose. De la sorte, les muscles se renforcent lorsqu’on les sollicite davantage, les tendons deviennent plus robustes et les os plus solides. Les blessures induites par les périodes de surcharge d’entraînement proviennent davantage de la manière dont sont programmées ces périodes intensives plutôt que de la charge d’entraînement en tant que telle. En d’autres termes, on se blesse parce que l’on augmente brutalement sa charge d’entraînement et pas parce que l’on s’entraîne beaucoup.

Runner feet running on road closeup on shoe. woman fitness sunrise jog workout welness concept.

La progressivité, le facteur clé

La dynamique de la charge d’entraînement s’impose ainsi comme le facteur clé à gérer. Si le corps humain possède une excellente capacité à s’adapter à la course à pied, il est néanmoins nécessaire de lui laisser le temps de le faire. Le risque de se blesser n’est ainsi pas relié de manière définitive au kilométrage que l’on accumule chaque semaine mais davantage à la manière dont on fait varier celui-ci lors des cycles d’entraînement.

Les études récentes menées sur le sujet montrent à cet égard que le risque de blessure augmente considérablement lorsque la charge d’entraînement associée à une semaine dépasse de plus d’une fois et demie la charge moyenne supportée par rapport aux 3 semaines précédentes (cf. exemple ci-dessous). En plus d’être attentif à ses sensations, à l’intensité des courbatures et à ses chronos, avoir un regard avisé sur l’évolution de la charge d’entraînement lors de la préparation d’un objectif de course important semble ainsi pouvoir constituer une stratégie payante.

L’exemple ci-dessus représente l’évolution du volume d’entraînement d’un coureur lors d’une préparation marathon sur 12 semaines. La semaine 8 est une semaine à fort risque de blessure dans la mesure où la charge d’entraînement a brutalement augmenté par rapport aux semaines 5-6-7.

Capture d’écran 2016-02-23 à 01.32.02

A l’inverse, la semaine 11 est moins problématique, quand bien même sa charge est équivalente (65 km). L’augmentation de la charge a été plus progressive par rapport aux trois semaines précédentes (8-9-10). Cet exemple illustre que le risque de blessure n’est pas nécessairement lié en premier lieu à la charge d’entraînement en elle-même mais davantage à aux pics de charge qui surviennent sans que les semaines d’entraînement préalables n’aient réellement préparé le coureur.

Entraînement

Commentaires

  1. Isabelle dit

    29 février 2016 à 9 h 59 min

    Bonjour, ceci est très intéressant et le tableau très instructif. Je pense que je ne serai pas la seule à avoir envie de reproduire ce tableau appliqué à ma propre charge de travail pour me fixer des limites en période de préparation (bien que je me blesse peu). Donc:

    –> comment calculez vous le ratio charge aïgue / charge chronique pour obtenir la ligne noire?

    –> à partir de quand un « pic » est-il considéré comme prédisposant à la blessure (en dizaine de km par exemple). Ici le pic entre semaine 7 et 8 est de 25k montant et entre 8 et 9 de 40 descendant. Si une semaine de « pic » est problématique en soi, alors on court tous un risque quand on court un trail exigeant dans la semaine qui suit les deux trois semaines de décharge progressive et d’affutage selon cette logique. Or, ce n’est pas le cas.

    –> et si l’on veut être précis dans son évaluation personnelle, il faudrait encore disposer d’un mode de conversion pour intégrer le cross training dans l’équation. Que représente par exemple la charge de travail de 20k à vélo et de 1k de natation rapporté au calcul de charge cumulé sur 3 semaines? Peut-on faire une table de conversion crédible en équivalent CAP?

    En tout cas, voici un outil dont on a envie de s’emparer. Merci!

    Répondre
    • Al Caponn dit

      11 avril 2016 à 10 h 25 min

      Bonjour,
      Je suis preneur des réponses 🙂
      vous pourrez m’écrire à « pipolys-runners » chez yahoo en frANCE

      Répondre
    • toptom dit

      2 août 2016 à 8 h 19 min

      bonjour, Isabelle
      le problème, c’est que ce site produit des articles de qualité mais n’assure aucun suivi des commentaires …
      je suis également preneur des réponses mais viendront-elles ? rien n’est moins sur
      Dommage …

      Répondre
  2. Fred Moras dit

    29 février 2016 à 13 h 56 min

    je n’ai pour ainsi dire jamais de courbature! je peux même rester 3 mois sans courir et ensuite faire 40 km en une semaine ( en 3 ou 4 sorties) si je m’étire correctement je n’ai aucune douleurs! comment savoir si j’en fait trop?

    Répondre
    • Al Caponn dit

      11 avril 2016 à 10 h 13 min

      Cela est très étonnant. Seriez-vous sous antidouleurs ? Parce que je ne m’explique pas l’absence de courbatures, en particulier après une interruption « longue ». S’étirer ne signifie pas qu’il n’y aura pas de douleur (bien au contraire) : on brise volontairement les fibres fragilisées (au bord de la rupture) pour mieux les reconstruire (renforcer).
      Si ce ne sont pas les médicaments, ce sont vos aliments qui naturellement (par stimulation d’hormones : Adrénaline, Endorphine et Testostérone) vous font supporter la douleur au point que vous ne la ressentez pas. Ou encore, vous produisez naturellement ces hormones mais en grande quantité.
      De par mon expérience, une interruption de 3 semaines suffit (pas moins) pour me rappeler ce que sont les courbatures, avec une baisse de performance à la clé la semaine suivante. On se construit, on se déconstruit, on se construit, on se déconstruit, etc.

      Répondre
  3. Franck PARIENTI dit

    2 août 2016 à 12 h 06 min

    Vous pouvez utiliser une app comme Running+ et courir à plusieurs pour vous motiver comme ces groupes à Paris qui sont indiqués sur cette page http://www.fitmobs.com/courir-entre-sportifs-a-paris-pour-se-motiver-a-faire-du-sport/

    Répondre
  4. mechthild haussler dit

    19 août 2016 à 15 h 36 min

    Je me demande si les facteurs de risque sont vraiment les mêmes pour tous types de blessures. Pour mes tendons d’Achilles, par exemple, il me semble qu’il y a un fort effet « cumulatif », qui est un peu à l’opposé de ce qui est décrit ci-dessus. Une semaine ça passe, mais après un mois, même en augmentant le kilométrage en douceur, ça « casse » … (Moi aussi, je dirais presque « hélas », je n’ai jamais de courbatures à l’entraînement, ce qui ne facilité pas de se rendre compte des risques qu’on prend).

    Répondre
  5. Remi Gaborit dit

    22 août 2016 à 15 h 03 min

    J’ai testé cette été un programme de sur compensation :
    1er jour 14 km, 2ns 16, 3ième repos….derniers jour 33 km en 3h30 🙂
    Par contre, je me demandais si dans les derniers jours, je ne devais pas augmenter le temps de récupération?

    Répondre

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