Une éducation
minimaliste (1)
Courir minimaliste c’est bien, vivre minimaliste, c’est encore mieux. Runners.fr milite aujourd’hui, avec Frédéric Brossard aux commandes, pour une approche globale d’un mouvement qui ne cesse de faire de nouveaux adeptes. Et si vous tentiez le coup…
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Que ce soit sur Runners.fr ou dans le livre que j’ai co-écrit (« Barefoot, Minimalisme, Courir Naturel paru aux Editions Amphora), j’emploie, plus souvent qu’à son tour, le mot « transition », que j’associe inévitablement au mot « progressivité ».
Pas d’alternance en minimalisme
Comme vous le savez, la foulée dite minimaliste est l’exacte antithèse de la foulée talon-déroulé-du-pied. Antithèse qui ne se limite pas à la zone du pied concernée par l’impact au sol mais à l’ensemble du corps. Il est donc évident que pour passer d’une foulée talon, supportée par des chaussures à amorti, à une foulée minimaliste, il est nécessaire d’allouer à notre organisme un temps d’adaptation relativement long appelée phase de transition.
Des années de déformation
Si la course à pied a une importance fondamentale dans votre existence, sinon vous ne liriez pas ces lignes, elle n’en occupe pas pour autant l’essentiel de votre vie «debout », sauf à être un sédentaire absolu dont elle ne constituerait que la seule activité physique.
Partant de ce constat, il apparaît comme une évidence que le minimalisme ne peut se cultiver uniquement lors de vos séances d’entraînement hebdomadaires. Courir en zéro-drop cinq fois pas semaine, c’est bien, très bien même. Mais quid du reste de votre temps ?
Minimalisme quotidien
Porter des chaussures à talon (je ne fais pas ici de distinction entre les sexes puisqu’un mocassin classique masculin a aussi un talon) pour ses activités de tous les jours, freine la fameuse « transition » évoquée précédemment. Il en va de même avec des chaussures très resserrées sur l’avant ou à la semelle trop rigide.
La foulée minimaliste nécessite l’utilisation de toute la dynamique du tendon d’Achille, extension que limite le port de talons. Elle suppose également une musculation progressive du dessous-du pied que vont inhiber des semelles trop rigides. Enfin, elle suppose que le médio-pied puisse déployer tous ses capteurs sensoriels pour « respirer » le sol et vous aurez bien compris que broyer les orteils par un bout pointu n’est pas la meilleure solution pour ce faire.
La Fashion victim privée de minimalisme ?
Attention, je ne vous dis pas de jeter aux orties vos plus beaux escarpins ou vos Richelieus mais de ne les utiliser que lorsque cela est vraiment nécessaire et de privilégier, quand c’est possible, des chaussures plates et flexibles, voire carrément d’ôter vos chaussures et de vivre pieds nus, ce qui est tout à fait faisable à la maison. C’est ce que je fais personnellement pour mon plus grand bonheur.
Toute une éducation
Poussons un peu plus loin le raisonnement. Imaginons que les enfants à naître dans les prochaines années soient « éduqués minimalistes ». Qu’ils ne soient pas chaussés tant que cela est possible (d’ailleurs, de nombreuses études scientifiques récentes mettent en évidence le danger que constitue l’usage de chaussures chez le jeune enfant) et qu’ensuite ils ne portent que des chaussures de marche ou de sport conçues dans l’esprit minimaliste, qui n’est somme toute que l’esprit dans lequel notre corps a été conçu ! Eux n’auront pas besoin de « phase de transition » car la foulée minimaliste leur restera innée et ne s’effacera pas au détriment d’un acquis anti-naturel.
Une réflexion à méditer … et un marché sur lequel certains équipementiers se sont déjà précipités…
| édité le 27/06/2012 par Fred Brossard |



















Il y a quelques années, certains pédiatres hurlaient lorsque on leur disait que les enfants marchaient pieds nus. Ils prédisaient mille plaies d’Egypte aux pauvres petits. Ce grand n’importe quoi est un peu passé de mode.
Heureusement pour moi mes parents m’ont toujours laissé faire. J’ai fait pareil avec mon fils, certainement pas pour qu’il devienne un champion de course, mais parce que c’est naturel, tout simplement.
Ce qui est bien avec la « médecine » c’est que la vérité du jour n’est pas celle du lendemain … aujourd’hui les pédiatres disent effectivement l’inverse de ce qu’ils prétendaient il y a quelques années …
Adepte des « pieds nus et minimaliste » j’ai lu votre livre qui confirme bien la ligne directrice PROGRESSIVITE , ayant paye le prix de blessures par précipitation , j’ai suivi les conseils et encouragements de D. Dubois et aujourd’hui ,après 5 mois de pratique les 8 kms p. n. et 12 kms minim.sont atteints . A bientot 75 ans je retrouve les sensations de mon enfance , merci .
Fred tu exagères….as-tu pensé aux gens de chez K-Swiss avec leur nouvelle gamme Blade ? tant d’investissements pour nous faire courir sur de l’amorti top-niveau, mis à mal par ton approche si naturelle
Plus sérieusement je ne peux que plussoyer dans tous les sens du terme ce genre de prise de position, libérons nos pieds !
Dommage que le « naturel » ne revienne pas au galop contrairement à l’adage
Encore beaucoup de prosélytisme à faire …
le minimalisme et le bare-foot c’est vraiment le pied !
Le barefooting surtout, le Minimalism n’étant qu’une niche commerciale.