A l’entraînement et en compétition : Apprenez à ne rien lâcher !

« On lâche rien ! » Ce sont peut-être les trois mots qui sortent le plus souvent de la bouche des runners au cœur de l’effort. Mais comment, au-delà d’une posture qui peut agacer, être sincère à l’entraînement et en compétition. Comment ne rien lâcher ? Runners.fr ouvre quelques pistes…


À L’ENTRAÎNEMENT

Valider une méthode

Rien ne sert de courir si courir n’est pas précédé d’un projet. S’entraîner à son rythme, sans autre ambition que de bouger, s’aérer et gagner progressivement en endurance, peut et doit être le point de départ.

Le désir de dépassement, le respect d’un plan d’entraînement et l’ambition de s’aligner sur une compétition viennent après. Il ne faut jamais inverser les priorités !

D’abord, la méthode. Et le pacte fait avec soi-même : être un runner. C’est-à-dire ? Ne rien lâcher même si le chemin menant à un effort vraiment maîtrisé semble long et tortueux.

Au taquet !

Il nous semble suffisant mais nécessaire, à Runners.fr, de courir trois fois par semaine. Surtout si votre entraînement visite d’autres disciplines sportives (natation, vélo voire musculation ou yoga) et se double d’une bonne hygiène de vie.

Ces trois séances (résumées ICI) permettent de balayer les principaux types de travail du runner : sortie longue, travail en fractionné, travail au seuil.

Il est important de ne bâcler aucune composante du plan qui aura été validé en amont. Et d’installer les conditions pour que les séances d’entraînement soient de qualité.

Organisez votre vie en tenant compte des efforts que vous fournissez et du projet que vous vous êtes fixé. Et apprenez à courir parfois, mais pas toujours, au taquet. En vous secouant, en vous obligeant à sortir de la zone de confort. Le souffle doit devenir court, les jambes doivent bruler…

Garder le cap…

Etes-vous une girouette ? Non, vous êtes un coureur à pied responsable qui ne négocie jamais l’idée qu’il se fait d’une pratique sportive amateur saine. Fuyez donc les conduites à risque, les poudres de perlimpinpin, les conseils trop simples et trop séduisants pour être vrais !

Ecoutez votre corps. Toujours. Apprenez à dialoguer avec lui, à repérer la teneur exacte des signaux qu’il envoie : simple flemme ou vraie fatigue ?, bobos sans importance ou prémices de blessure ?

Parfois, c’est dur. Souvent c’est long. Courir n’est pas toujours une sinécure. Passez outre. Gardez le cap. Ne rien lâcher consiste d’abord et très modestement à suivre le chemin fixé, à être pèlerin plus que conquistador. Et ne parlez pas trop. Un runner aime le silence.


EN COMPÉTITION

Courir avec sa tête

Vous avez donc franchi le pas et faites partie de ces runners qui osent le passage à l’acte de la pratique sportive en compétition.

De compétition, il est certes question de manière toute relative. Sans doute, ambitionnez-vous simplement de finir la distance que vous vous êtes fixé avec un objectif chronométrique modeste. Mais, avec le temps, vous relèverez le curseur. Vous en voudrez plus. Beaucoup plus.

Courir avec un dossard épinglé sur la poitrine demande un engagement total. Et suppose un minimum d’expérience. Prenez donc le temps d’apprendre à reconnaître votre allure, à courir en peloton, à profiter de l’ambiance d’une course sans vous laisser griser de manière excessive.

Apprenez à ne rien lâcher. Attention, il ne s’agit pas ici d’un slogan d’opérette. Ne rien lâcher, c’est accepter, sans mettre son intégrité physique en danger, d’entrer dans un territoire intime souvent inconnu. Vous allez au fond de vous et au bout de vous-même.

Ne jamais douter

Ça se saurait, depuis le temps, si c’était simple. Courir, au-delà de la dimension festive, ludique et conviviale qu’on doit lui donner, demeure un effort. Et ce sens de l’effort, souvent boudé par nos contemporains, fait partie de l’ADN des runners.

Ne craignez donc pas d’entrer dans un effort. Mais mesurez-en la spécificité. Courir en compétition revient à réciter ce qui a été appris à l’entraînement. Sur la ligne de départ, vous devez donc savoir où vos jambes et vos poumons peuvent vous mener. Ne vous trompez pas de cible et d’allure. Et ensuite, lorsque ça devient dur, verrouillez-vous méthodiquement.

Ne rien lâcher, c’est aussi et surtout refuser la tentation du monde extérieur. Provisoirement, de manière finalement assez brève, vous êtes seul face à la fatigue et à un certain sentiment de dénuement. Ne doutez pas. Ne doutez jamais. Lorsque la tête lâche, le reste suit. Et vous ne lâchez rien…

Parce que vous le valez bien

L’histoire, la vôtre !, est en marche. Et au pas de course encore. Le runner, quel que soit son niveau, prend toujours le risque de la chute. Surtout en compétition.

Tomber n’est rien. Quelques égratignures tout au plus. Mais échouer dans son projet – abandon, chrono en décalage avec l’objectif – peut avoir des conséquences considérables. Et comment en serait-il autrement ? Tant d’énergie et de cœur sont mis à l’entraînement…

Vous le valez bien car vous ne lâchez rien ! Vous méritez le sentiment de satisfaction et d’accomplissement qui suit les courses réussies car vous ne lâchez rien. A votre manière, une foulée après l’autre, vous écrivez votre propre histoire. Vous ne faites pas la guerre. Le contraire même. Vous créez les conditions d’une vraie quiétude intérieure. Ne rien lâcher, au final, c’est ça : être en paix avec soi-même !

édité le 24/03/2013 par Pascal Silvestre

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