Les sept choses
qu’un runner
doit accomplir
(au moins une fois
dans sa vie)
La communauté des coureurs à pied a ses rites incontournables qu’il convient d’honorer et de conjuguer à sa manière. Tant pis si certains semblent stupides, anodins ou superflus. Etre un runner a un prix : le voici !
• Savoir dire merci !
Courir est un luxe, une espèce de sacrilège au regard de la détresse ambiante. Courir se conjugue parfois à la dure, un pas après l’autre, sans désir ni plaisir. Mais le seul fait de courir dit la capacité à courir. Et cette chose (qui nous manquera un jour) est un cadeau. Il faut savoir dire merci et s’éveiller sur chaque journée de runner avec bienveillance. Aujourd’hui, demain et le jour d’après.
• Faire la sieste après une longue sortie
La sensation terrassante d’une grande fatigue (qui s’abat généralement à l’heure où d’autres envisagent shopping / cinoche / goûter…) est la preuve que le travail a été bien fait. Siester, pas longtemps – juste vingt minutes -, est un must dans la vie d’un runner. Résister, se croire plus fort que le coup de barre passager, culpabiliser à l’idée de dormir en pleine journée relève de la bêtise. Allongez-vous. Vous le méritez.
• Enchaîner dix 400m sur une piste
C’est la séance royale dont on ressort rincé, démoli, prêt à dégueuler et content comme tout que ce soit fini. Le tour de piste est un monde à part entière : deux lignes droites et deux virages. Rien d’autre que ça. Il faut enchaîner les 400 mètres et alterner avec un demi-tour (200 mètres) au trot. Apprendre à équilibrer un effort, avoir mal partout sans se désunir, rester maître de son corps lorsqu’il dit pouce…
• Se moucher dans ses doigts
Détail ? Certes. Mais l’appartenance à la communauté des runners se valide à coup de petits signes. Se moucher dans ses doigts n’est pas si simple : poser un index pour bloquer une narine et souffler fort. Ou coincer la partie supérieure du nez avec deux doigts et évacuer d’un coup sec. L’effort a sa propre étiquette qui se moque de certaines convenances…
• Courir dans la neige
Le monde est vaste. Et les éléments (parfois) dévastateurs. Aucun runner qui ne puisse tout à fait ignorer les caprices d’une météo défavorable. Mais la neige n’a rien d’une punition. Entendre le bruit ouaté de ses pieds entrant en contact avec une fine couche de poudreuse soufflée est un bonheur absolu. Et tant pis si le froid et l’humidité glacent l’extrémité des orteils. La neige enveloppe. Elle est bienveillante.
• Boire une bière avec les potes
au terme d’un entraînement
La mousse qui suit l’effort a toujours une saveur particulière. Et pas seulement la première gorgée ! Il faut savoir s’abandonner à ce plaisir – sans la moindre culpabilité – et en saisir la symbolique. Boire une bière entre potes après un marathon, un trail ou un simple footing est une manière de remettre les pendules à zéro, de se réjouir de l’effort fourni mais aussi (et peut-être surtout) d’atterrir et revenir dans le monde des autres plaisirs.
• Ecraser une larme à la fin d’une course
L’aire d’arrivée a sa propre logique. On y papote, on s’y restaure, on s’y congratule. Parfois, pas assez souvent, le runner prend conscience de l’effort qu’il vient d’accomplir. Il ne faut pas biaiser le fait d’être un finisher. Allez au bout est toujours le signe d’un succès, d’un petit triomphe. L’émotion ? Oui, il faut la laisser monter. Quitte (et surtout) à pleurer un bon coup. Franchement, tant de gens pleurent au cinéma. Et courir, ce n’est pas du cinoche !
| édité le 18/12/2012 par Pascal Silvestre |


















[...] le titre d’un article récemment paru dans Runners.fr. [...]