Faut-il interdire
les marathons
aux marcheurs ?
Les queues de pelotons sont de plus en plus massivement composées de simples marcheurs qui déclinent la distance du marathon comme une longue ballade. Au risque d’insulter l’esprit même du running…
Ouvrons le débat au risque de fâcher ! Les runners débutants sont de plus en plus nombreux à se croire autorisés à prendre le départ d’un marathon. Conséquence, les pelotons s’étirent et les aires d’arrivée se trouvent encombrées de corps heureux mais exagérément épuisés après cinq, six voire sept heures d’effort.
Les puristes, ceux qui pratiquent la course à pied de manière régulière voire intensive, ont parfois du mal à tolérer ce voisinage. Et s’interrogent de plus en plus ouvertement : est-on vraiment marathonien lorsqu’on marche durant la quasi-totalité de la distance des 42,195km ?
Comme souvent, c’est vers les Etats-Unis qu’il faut se tourner pour trouver les situations les plus excessives. Les marathons importants, comme New York ou Chicago, imposent certes un chrono minimum (6h30) mais le protocole de remise de médaille est souvent maintenu pendant huit heures et plus.
D’autres courses moins réputées – comme Miami ou Hawaï – restent ouvertes aussi longtemps que des coureurs sont sur le parcours. On assiste ainsi à ses scènes cocasses : certains participants cessant leur effort pour une pause déjeuner !
Les statistiques américaines sont édifiantes : en 1980, le temps moyen mis par les athlètes d’outre-Atlantique pour rallier les 42,195km était de 3h32min. En 2009, il était passé à 4h25. Lors de la même période, le total de marathoniens était passé de 143 000 à 468 000.
Peut-on se dire marathonien lorsqu’on boucle les 42,195km en plus de six heures ?
De tels chiffres ne sont malheureusement pas disponibles en France. Probable, s’ils existaient, qu’ils iraient dans le même sens sans toutefois atteindre de tels excès. Ils suggéreraient certainement qu’un nombre croissant de participants aux épreuves sur route de 21,1km et 42,195km sont dans une condition physique aléatoire.
Ce qui pose la question : l’important est-il vraiment de participer ? A cette question – et uniquement lorsqu’il s’agit du semi, du marathon ou d’ultra trails -, nous répondons par la négative.
Deux raisons principales à cela : d’abord, les coureurs – marcheurs peu ou pas entraînés qui s’alignent sur une épreuve pour des raisons de pression sociale ou pour rouler des mécaniques, prennent des risques avec leur santé. Les accidents sont rares, mais ils sont parfois dramatiques. Lors de l’édition 2009 du semi marathon de Detroit, trois coureurs sont morts d’accidents cardiaques à quelques hectomètres de l’arrivée.
Ensuite, les coureurs – marcheurs qui revendiquent l’étiquette de marathoniens insultent la distance des 42,195km. Leur approche dilettante de la course à pied ne cache qu’une incapacité à suivre un programme d’entraînement et à adapter leur hygiène de vie à la pratique d’un sport d’endurance. L’essentiel est donc de participer lorsque le corps a été correctement préparé à l’effort à venir et que la totalité du mental s’implique dans ce qui doit toujours constituer un vrai dépassement de soi.
| édité le 21/07/2012 par Pascal Silvestre |








































Je comprends bien l’argument sanitaire (les coureurs-marcheurs prennent un risque pour leur santé), je comprends moins bien les autres arguments (gêne occasionnée aux autres coureurs, coût économique pour les organisateurs, les vrais coureurs et les autres coureurs, …). Si le marathon confine au spirituel, il doit aussi et surtout se conjuguer tolérance, avec respect de soi et… des autres. Chacun trouve dans cette course ce qu’il souhaite y chercher, y trouver. Je ne pratique pas le même sport que ceux qui courrent le marathon en 6 h ? Et alors ? Je ne pratique pas non plus, vu mes perfs, le même sport que les kényans, ça ne m’interdit pas de m’aligner sur les mêmes épreuves qu’eux… ni de rêver, ni de me battre contre moi… c’est ça en fait ma philosophie (désolé pour ce mot pompeux) du marathon, une lutte contre soi. Et cette lutte est la même, qu’on court le marathon en 2’04, en 3’10 ou 6′. Enfin c’est ce que je pense…
Anecdote ; marathon La route du Louvre gros coup de « calcaire » au 20éme , finit en marchant rapide 4h20 et je ne me compare pas à certains marcheurs au marathon de Reims . L’essentiel est de participer c’est la base , l’administradif fixe les barriéres pour la sécurité , c’est tout simple .
Oui tu as raison Man, les coureurs forment une communauté tolérante, et ça c’est sympa ! De là à prendre le départ à 6 ou 7 km/h … Evidemment, on finit souvent comme on peut !
@Pierre : en tout cas merci pour ce site, vraiment superbe graphiquement et très intéressant, sur le fond
[...] mois, Runners.fr s’interrogeait sur la présence de marcheurs lors des marathons (cliquez ICI) et se demandait si cette présence ne dénaturait pas l’effort des ‘vrais’ runners. Vous [...]
Considérant qu’en dessous de 7km/h ça va tout aussi vite en marchant, il suffit de rendre obligatoire une vitesse minimale de 7km/h et mettre hors-course tout ceux qui terminent hors délai, il faudrait imposer ça sur toutes les courses à pied et pas seulement sur marathon.
Pour répondre a la question, il faut se poser une autre question : le marathon désigne-t-il une distance ou une discipline ? Il existe des compétitions de marche mais celles -ci ne coïncident pas avec les distances marathon. Donc j’aurai tendance a dire que le marathon doit être fermé aux marcheurs, même les simples marcheurs, qui s’ils le souhaite peuvent avoir des disciplines plus adaptées à leur pratique.
Il était évident que cet article allait faire polémique. Coureur confirmé, je ne suis absolument pas dérangé par les coureurs marcheurs. De plus il ne faut pas oublier qu’il y a toujours un coureur qui va plus vite que nous et que nous sommes suceptibles de le gêner. Je pense que nous participons à des épreuves de masse et à ce titre nous n’avons pas tous les mêmes motivations et que celui qui arrive en 7h est tout aussi méritant que celui qui court en 3h. Il n’y a qu’à regarder les expressions de bonheur et de souffrance dans les aires d’arrivée . Le seul juge de paix restant le chrono à l’arrivée.
D’autre part vous évoquez la mise en danger de la santé, mais chacun est adulte et doit être libre d’accepter ou non de prendre un risque. A Chicago en octobre dernier, j’y étais, un pompier est décédé alors que c’était un sportif confirmé.
Nous devons être plus tolérants et accepter les différences de niveau, c’est ce qui fait la beauté de ces épreuves. Pour les élites, il y a les JO !
sportivement
Faut il interdire les coureurs en moins de 3h sur des épreuves populaires ?
Après tout :
- ils monopolisent les podiums et les têtes de classement.
- ils remportent des primes et des prix que les « marcheurs » payent de leur inscription.
- ils présentent aux objectifs photo l’image de corps décharnés en sueur et de vêtements fluos.
Réservons leur des épreuves pour eux, de nuit et loin des villes.
Tous les points de vue sont exposables!
Je pense pour ma part que si une épreuve se définie comme une épreuve de masse (type Marathon de Paris) alors il n’y a pas de raison de l’interdire à toute personne souhaitant se depasser, à son niveau (chacun son niveau, moi j’ai fait 3h27 en 2012, premier marathon).
Après il est tout a fait possible pour un organisateur, pour des raisons de prestige ou de sécurité d’imposer des minima d’inscription et des durées maxi en course.
Par exemple :
Marathon des JO (performance à 2h12)
UTMB : points demandés à l’inscription selon barème connu de tous.
Nombreux trails : barrières horaires sur 1 ou plusieurs points du parcours.
Les règles sont connues pour tous dès le départ puisque chaque course à son règlement publié. Celui qui ne veux pas être « pollué » par un marcheur ou un coureur élite peux choisir sa course en toute connaissance de cause.
Tous les points de vue sont exposables et je pense que le mien est plus en accord avec l’esprit tolérance du running et de la course à pied en général, esprit de tolérance et d’ouverture qui me permet à moi modeste coureur de m’inscrire au coté des plus grands sur des épreuves comme Les Templiers ou le Marathon de Paris.
Ce n’est pas une question de tolérance c’est une question de différentiation des disciplines sportives et de bon sens : est-ce que si vous vous inscrivez à une épreuve de marche athlétique vous vous permettrez de faire le parcours en courant ?… (en marche c’est tolérance zéro on disqualifie les coureurs).
Donc ceux qui démarrent un marathon en marchant dès le départ n’ont rien à y faire, ici c’est une épreuve de COURSE A PIED, ils peuvent s’inscrire sur des épreuves de marche longue distance prévues à cet effet. (ceux qui marchent momentanément au milieu ou fin de parcours pour récupérer en cas de problème ok peuvent-être tolérés sans toutefois que cela fasse chuter leur vitesse moyenne en dessous de 7km/h dans lequel cas ils devraient être mis hors-course si passage hors-délai à chaque tranche de 10km.
Votre vision du marathon se limite à l’aspect compétition. Or si les grands marathons sont devenus si populaires, c’est justement parce que la « masse » est venue… Si l’on se cantonne à une vision élitiste, il n’y aura plus que 100 coureurs sur les marathons et les organisateurs n’auront plus aucun souci puisqu’ils ne pourront plus organiser quoi que ce soit!!!! Il y a l’élite et la masse et de toute façon je ne vois pas vraiment comment un marcheur pourrait géner l’élite qui court 2 fois plus vite sachant que l’extrème majorité (pour ne pas dire la totalité) des marathons se court sur un circuit en ligne…
On reconnait bien là la patte de Pascal Sylvestre dans toute sa suffisance et son estime démesurée de lui-même… (« insulter l’esprit même du running [...] Les runners débutants sont de plus en plus nombreux à se croire autorisés à prendre le départ d’un marathon.[...] Leur approche dilettante de la course à pied ne cache qu’une incapacité à suivre un programme d’entraînement et à adapter leur hygiène de vie à la pratique d’un sport d’endurance. ») Bref des commentaires affligeants, comme il en a eu à l’égard du minimalisme avant de retourner sa veste…
Pour revenir au sujet , il faut déjà faire la différenciation entre un marcheur et un promeneur. Un marcheur de la trempe de Yohann Diniz finit un 50km plus rapidement que 80% des coureurs rêverait de finir un marathon.
Donc effectivement un promeneur ne pratique pas le même sport qu’un coureur. Mais de là à « rouler des mécaniques » en annonçant un temps supérieur à 6h, allons, un peu de sérieux! Je pense que les promeneurs ne font pas cela dans cet esprit.
Par contre la médaille de finisher devrait être remise exclusivement aux gens remplissant le « contrat »: l’épreuve étant de la course à pied, cela va sans dire qu’il faut faire la distance en courant.
Le délai du marathon de Paris est fixé à 5h40,pensez vous qu’un simple marcheur arrive dans les délais ? Un marcheur qui marche à allure normal fait du 5km/h en moyenne donc plus de 10 heures pour boucler un marathon.Donc un marcheur qui veut finir le marathon de Paris dans les délais devra marcher à du 7,5 km/h de moyenne et à cette allure sur 42 kilomètres croyez moi qu’il faut un entrainement aussi conséquent qu’un coureur qui ambitionne 4h donc pour moi un marcheur qui fini « dans les délais » (important pour moi) a autant de mérite qu’un coureur qui fini en 4 ou 5 heures
+1
Bien qu’étant coureur, je partage cet avis à 100%. Je n’ai jamais vu mentionné « réservé aux coureurs » sur l’affiche d’un marathon. Pour moi cet article polémique n’a rien apporté de très concret ni de trés intéressant…