Courir après
le temps
Surbooké(e) ? Ça tombe bien. Courir ne prend pas tant de temps (que ça) ! Et si vos minutes sont vraiment comptées, il reste toujours des manières malines de s’entraîner mine de rien. En voici une poignée…
> Chéri(e), je vais faire les courses…
Ballot d’envisager le moindre footing sous le seul angle sportif. Courir peut faire gagner du temps. En optant par exemple pour ses jambes plutôt que la voiture ou même les transports en commun. Aller au marché ou au supermarché en mode running ? Coup double : faire les commissions et décliner une petite séance d’entraînement. Au retour, chargé, penser à répartir les sacs sur vos deux bras et courez à nouveau. Vous faites ainsi travailler (certes modérément) la partie supérieure de votre corps.
> Le tour du pâté de maison
Un peu vaut mieux que rien du tout. Evitez de réfléchir pendant cinq, dix, quinze minutes sur le thème : ‘ai-je vraiment le temps d’aller courir ?’ et sautez dans vos chaussures de running sans tarder (ou tergiverser). Ayez toujours en tête un parcours simple et concentrique qui vous permette d’ajouter quelques hectomètres ou kilomètres à votre séance sans vous éloigner de votre domicile. Et équipez-vous d’un chrono. Vingt minutes, c’est bien. Trente, encore mieux. Pourquoi pas 45 ?
> Snober la pause café (ou l’apéro)
Il y a les ateliers indispensables et ceux qui peuvent se négocier. Boulot, ok. Famille, ok. Sommeil, ok. Le reste ? Négociable. Les journées sont pleines de ces petits moments (peu utiles) chronophages qui détournent de certaines priorités. Courir est (parfois) une priorité. Et mérite donc de faire une croix sur certains plaisirs finalement surestimés. Il ne s’agit pas de tourner le dos à ses amis. Mais simplement de faire des choix. Et, d’abord, il est toujours judicieux d’avoir des potes coureurs. Pour conjuguer l’essentiel (courir) et l’agréable (une conversation amicale).
> Mon zapping à moi
Une journée de votre vie s’achève. Que faut-il en retenir ? Aucune activité ne permet mieux que le running de refaire le match et de sortir du tourbillon. Entrer en soi ne prend que peu de temps. Quelques minutes. Surtout lorsque la bonne habitude a été prise. Courir sans musique, sans chercher à s’imposer un rythme soutenu. Ne pas hésiter à se parler à haute voix. Dire les choses. Les répéter au besoin. Chercher à comprendre. Oser l’auto analyse. Sans montre, sans rien. Juste vous au milieu du monde. En mouvement pour éviter le surplace.
> Comme ça, tu pourras appeler ta mère
L’autre est contradictoire et impose souvent d’interminables instants de superflu absolu. Etre un runner ne donne aucun droit. Mais être un runner permet d’avoir le choix. Pas celui de la cigarette évasive en attendant passivement que l’autre ou les autres en finissent avec les choses de leur vie (coups de fil, toilette, ménage, boulot…). Plutôt le choix de filer quelques (dizaines) de minutes à l’abordage. Courir contre le temps, c’est refuser le diktat du temps de l’autre. Dire, moi, courir me fait du bien. Et j’ai horreur d’avoir mal…
> J’y vais sinon j’explose…
Personne n’a jamais dit que ce serait facile. Vivre, c’est relever chaque jour des dizaines, des centaines de défis. Vivre bien, c’est trouver un moyen de contrôler en permanence ses émotions ou son niveau de stress. Courir ? L’antidote à (presque) tous les poisons. Tant pis si la séance ne dure qu’une petite demi-heure. Tant pis s’il ne s’agit que de bafouiller de petites foulées sans ambition. Tant pis si vous revenez un peu frustré de n’avoir pu transpirer davantage. Chaque mètre couru est bon à prendre. Vous êtes un runner. Si l’on vous prive de courir, le risque d’explosion augmente. Faites retomber la pression…
| édité le 01/07/2012 par Pascal Silvestre |

















