Cohabitation impossible ?

Trail et
minimalisme

Peut-on conjuguer trail et minimalisme ? A cette question, une vaste majorité de runners serait tenté de répondre par la négative et d’user du manque d’amorti comme un leitmotiv pour clore le débat. Ce serait une erreur…

Si le minimalisme est bien le retour aux sources de la course à pied, le pratiquer en mode trail serait d’une rare logique, puisque nos ancêtres cueilleurs – chasseurs aux pieds nus n’avaient découvert en leur temps ni le bitume ni le tartan.

Sachez déjà qu’il n’y a pas de problème « matériel » lié à la pratique du trail minimaliste, puisqu’il existe plusieurs modèles spécialement prévus, si l’on en croit leurs concepteurs, pour la discipline. Citons par exemple : la gamme BareGrip d’Inov-8, la Merrell Trail Glove, certaines futures Pure de Brooks ou encore la formidable New Balance Minimus MT10 que je vous présenterai vendredi.

Habile récupération marketing ? Franchement, non. Autant il y a à boire et à manger dans le monde des minimalistes de route, autant les minimalistes de trail que je connais, me semblent respecter le cahier des charges de la discipline, notamment au niveau de l’accroche de la semelle ou de la protection des zones sensibles.

Peut-on s’improviser trailer minimaliste muni de Merrell ou de New Balance Minimus toutes neuves ? Non, cent fois non ! J’ai déjà insisté précédemment sur la nécessaire progressivité de la transition du tout amorti au sans amorti. C’est encore plus vrai en trail que sur route. D’ailleurs, je recommande vivement la pratique, jusqu’à la maîtrise, du minimalisme sur route avant de s’attaquer aux chemins.

Le trail nécessite des capacités de réaction rapides et une résistance du pied qu’il serait illusoire de croire inhérentes à notre corps. Important également d’avoir à l’esprit : en trail minimaliste, on ne pose pas le pied, on le lève. Légèreté de la foulée est le maître mot. Vigilance et anticipation doivent également faire partie de votre vade-mecum. Et tout cela se travaille. N’oubliez pas non plus l’importance de la préparation physique telle que je vous l’ai décrite la semaine dernière. Ajoutez-y un exercice chaudement recommandé par l’un des maîtres du minimalisme, Jason Robillard : placez de petits objets sur le sol, de formes diverses, saisissez-les avec le pied et levez ensuite celui-ci le plus haut possible.

Une fois sur le terrain, votre viatique de minimaliste sur route en poche, plats et montées ne représenteront pas de difficulté majeure. Ce ne sera pas le cas des descentes, qu’il sera impossible de prendre en posant le talon. Deux techniques possibles : la descente de profil avec demi-tours réguliers ou le « tricot », de minuscules pas à haute fréquence initiés par le genou. Cette deuxième technique a ma préférence. Un peu surprenante au début mais très efficace.

Pour conclure, je vais vous faire un aveu : avant de devenir l’expérimenté coureur minimaliste que je suis, je n’avais jamais été tenté par le trail et toutes mes expériences, notamment lors d’essais de chaussures, s’étaient soldées par un rejet. Les Merrell Trail Glove, d’abord, puis les New Balance Minimus MT10, aujourd’hui, m’ont fait découvrir cette discipline sous un jour complètement nouveau. Et autant courir avec des quasi-sabots aux pieds ne me réjouissait guère, autant le contact direct avec le sol et le relief est un plaisir très grisant.

Frédéric Brossard


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8 commentaires sur Trail et
minimalisme

  1. CourirPiedsNus on 20 juillet 2011 at 06:55

    Ah, sacrées descentes… J’aimerais ajouter, car c’est le même problème rencontré par les coureurs « pieds nus », qu’il est utile de fléchir légèrement les genoux lors des descentes. Ainsi, pour « mouliner » sans meurtrir les talons, le faite de ne pas tendre les jambes détend justement l’arrière du pied, offrant ainsi au milieu et avant du pied un angle d’attaque idéal. Du coup, les mollets vont sourire, car au repos; les cuisses, elles, vont pleurer, car elles vont devoir jouer aux ressorts. Encore une fois, apprentissage progressif.

  2. stuffitts on 20 juillet 2011 at 09:00

    le trail diffère selon plusieurs critères. Déjà d’un endroit à un autre en france, le sol est différent. Le nord c’est du terrain rapide, le sud des cailloux, des rochers, les alpes offrent des parcours parfois roulant et parfois difficiles.
    Ensuite il y a les épreuves, les distances, on ne peut comparer une course nature (très rapide et avec beaucoup de routard) avec un trail de montagne qui monte à 3000…
    Un américain va faire l’UTMB en Pure, pourquoi pas car le parcours est plutôt « roulant » (ça monte tout de même je vous rassure).
    Il faut bien réfléchir avant de se lancer sur un parcours de trail avec des shoes minimalists trail..
    Commencer sur route est en effet la meilleure option puis réaliser des entrainements trails comme des fractionnés en côte…

  3. Nicolas on 20 juillet 2011 at 09:08

    J’ai l’impression d’assister à un ping pong avec d’autres articles d’un autre site.

  4. Professeur on 20 juillet 2011 at 09:33

    Nicolas, j’ai programmé mes articles 2 mois à l’avance … alors si ping-pong il y a, il n’est que le résultat du hasard, en ce qui me concerne j’entends.

    • Nicolas on 20 juillet 2011 at 10:58

      Je me doute bien.
      C’était juste une remarque un peu ironique, n’ayant pas aimé le ton de l’autre article en question. On peut être d’un avis différent sans être désobligeant.

      • vincent (de wanarun) on 20 juillet 2011 at 19:11

        Bonjour Nicolas, salut Fred,

        Le billet de wanarun (si c’est celui-là dont vous faites allusion) est à prendre au 2ème voire au 23 degré. Loin de moi l’idée d’être désobligeant avec qui que se soit. Je m’en suis d’ailleurs expliqué avec Fred il y a quelques jours.
        Si ce n’est pas le billet de Wanarun dont vous faisiez allusion je suis par contre intéressé pour obtenir le lien du billet en question.

        Sportivement !

  5. runmygeek on 20 juillet 2011 at 10:07

    Sur ce point je reste encore très dubitatif, autant sur les courses natures je sais que c’est largement possible, j’en ai déjà fait en merrell trail glove et ça s’est très bien passé : trail de la côte d’Albatre http://www.runmygeek.com/2​010/10/trail-de-la-cote-da​lbatre-2010-recit-de.html
    Autant pour un vrai trail de montagne, j’ai peur que les chaussures minimalistes actuelles soient un peu légères au niveau protection des orteilles , rigidité de la semelle et maintien de la cheville. Je n’ai pas encore testé les MT10 ni les Innov 8 donc peut être que j’y trouverai mon bonheur. Mais en attendant le risque de s’éclater un orteil ou la voute plantaire sur un pierre est un peu trop important pour moi. Je ne parle pas d’amorti qui lui pour le coup est encore plus superflux sur trail que sur route.
    Donc à voir, il faudrait que je teste des trails minimalistes en montagne, j’en ai pas en ce moment et je ne vois vraiment pas emmener mes terra plana ultra sur de la caillasse ^^.

    Mais j’ai espoire quand même vu que les MT10 ont été faites en partenaria avec Anto Krupricka et que Salomon prépare un model minimaliste.
    Bref patience :)

  6. Arnaud on 21 juillet 2011 at 13:02

    Ai fait deux petits trails en Merrell, 17 et 23 km en montagne sur sol par endroits rocailleux, après 1 an de pratique minimaliste. Pour descendre, je me penche en avant, les bras plutôt derrière, et fait de tout petits pas en soulevant à peine les pieds, pour atterir sur le milieu du pied en douceur. Certes, c’est moins démonstratif que de grandes enjambées avec des grosses godasses colorées, mais le risque d’entorse en minimalistes est égal à 0, tant la cheville réagit vite aux changements d’appui. Et je n’ai plus mal au genou, et je n’ai presque plus de courbatures car la foulée est moins traumatisante. En revanche, les chevilles morflent tout de même. Mais bon.

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Syndrome rotulien

Ensemble des symptômes liés à une atteinte des cartilages de la rotule et des cartilages du fémur se trouvant en regard, parfois associée à une désaxation de la rotule.

Causes possibles
  • Anomalie morphologique de la rotule
  • Surentraînement ou augmentation trop brutale de la pratique sportive
  • Surcharge pondérale imposant des contraintes mécaniques excessives au cartilage
  • Symptômes
  • Douleurs à l’effort dans un premier temps puis dans la vie courante (descente d’escalier, piétinements prolongés, position assise sans bouger…)
  • Sensation d’instabilité et de blocage du genou
  • Guérir
  • Arrêt du running
  • Renforcement musculaire (principalement du quadriceps)
  • Prise d’anti inflammatoires non stéroïdiens
  • Physiothérapie par ionisations ou ultrasons
  • Faire de l’écoute de son corps un préalable quotidien à la pratique du running. On peut certes se faire violence pour surmonter ce qui s’apparente plus à la flemme qu’à la fatigue. Mais il est nécessaire de savoir modifier un plan d’entraînement lorsque le besoin de repos devient impérieux.
    Refuser obstinément de consulter un médecin spécialisé dans la traumatologie sportive malgré des douleurs installées. Personne ne peut lutter à terme contre une blessure. Et les conséquences du ‘désentraînement’ sont autrement plus importantes lorsque l’on retarde la période de coupure.

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