Blessure du coureur
L’épreuve de la coupure…

A la veille du Marathon de Big Sur, pas certain que son genou gauche tiendrait la distance, Pascal Silvestre a promis un mois de repos à son articulation si celle-ci le menait au terme des 42,195km. De retour de Californie avec la médaille de finisher, il doit désormais honorer sa promesse. Mais il n’est pas si simple de ne plus courir…

J’aime mes genoux ! Je leur dois bien ça : jamais, ils ne m’ont laissé en plan. Parfois, dans les derniers kilomètres d’un marathon, je sens qu’ils couinent un peu. Mais dans l’ensemble, eux et moi avons passé une décennie idyllique. Des milliers de kilomètres courus chaque année, plus de 40 marathons achevés et pas de gros bobos à déplorer.

Il y a quelques semaines, après avoir bouclé Barcelone, Jérusalem et Paris sans vrai souci – mais de manière rapprochée -, j’ai senti une vraie gêne. Le genou gauche me faisait souffrir au repos et plus encore à l’effort. Prudemment, j’ai cessé de courir et consulté un médecin spécialisé. Rien à la palpation mais l’IRM de contrôle a mis à jour des signes de souffrance. Œdème rotulien, ulcération du cartilage, début de syndrome d’essuie-glace. Malgré la réserve du toubib, qui préconisait entre deux et trois semaines de repos, je suis parti courir le Marathon de Big Sur en Californie.

La promesse faite à mon genou…

Jamais, je n’ai abordé une course dans un tel état d’anxiété. Dès le lendemain de mon arrivée à San Francisco, j’ai testé mon articulation. 40 minutes. Pas plus. Mais le footing jusqu’au pied du Golden Gate Bridge m’a confirmé que la douleur ne s’estompait pas. Au contraire. Je suis rentré au motel en boitant en me disant – moral en berne : ‘C’est tout de même con d’avoir fait toutes ces heures d’avion pour ne même pas aller au bout’.

Trois jours sont passés avant le marathon. Trois jours de palpation incessante, de repos et d’inquiétude. J’avais prévu de courir lentement, à 12km/h, aussi longtemps que la douleur ne se manifesterait pas. Et de marcher le reste de la distance. Big Sur sécurise son sublime parcours durant 6h30 : j’avais le temps.
Le matin de la course, sous la douche, j’ai – pour la première fois de ma vie – fait une promesse à une partie de mon corps. J’ai pris mon genou gauche dans ma main droite et je lui ai dit : ‘mon pote, si tu m’amènes au bout de ce marathon, je te laisse tranquille pendant six semaines’.

Le genou a tenu. Aucune douleur. Même pas de gène. Même dans les heures qui ont suivi la fin de l’effort. Ce qui m’a forcément poussé à me demander si je n’avais pas un peu somatisé les douleurs (mais c’est un autre sujet)…

Qu’il est difficile d’honorer !

De retour à Paris, médaille de finisher autour du cou, je me suis donc retrouvé avec cette promesse à tenir et le constat plus global à accepter : après quatre marathons en huit semaines, il est logique et sain d’offrir de vraies vacances à ses jambes.
Mais il faut alors passer de la théorie à la pratique. Et là, pour un runner adepte du bi quotidien (certes pas toujours au taquet), les choses se gâtent. Comment ne rien faire ? « La chose la plus dure dans un plan d’entraînement, c’est de respecter les périodes de récupération », disent souvent les athlètes de très haut niveau. Je ne suis qu’un amateur. Mais il faut que je cours. Courir pour aller faire les courses, pour me détendre, pour rendre visite à mon pote Jean-Laurent blessé, pour visiter Paris, pour être aussi équilibré que possible.

Je ne cours plus. Enfin, presque plus. Je me suis mis au Bikram yoga. Je prends des cours de crawl. Je marche. Parfois, c’est vrai, j’avoue, je trottine. Jamais plus de quinze minutes d’affilée. Bon sang qu’est-ce que c’est bon. Même le simple trot est bon. Mon genou n’est pas au top. Je le sens. C’est une sensation confuse – car il n’y a pas de vraie douleur – mais je ne veux pas jouer avec lui et trahir ma promesse. Je vis cette période de coupure comme une épreuve. Mais je la vis bien. Je pense avec beaucoup d’optimisme au deuxième semestre 2011. Je vais avoir 50 ans dans quelques semaines. Une décennie s’ouvre sur de nouveaux rêves de runner à réaliser. J’ai plus que jamais besoin de mes deux genoux !

Pascal Silvestre


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Syndrome rotulien

Ensemble des symptômes liés à une atteinte des cartilages de la rotule et des cartilages du fémur se trouvant en regard, parfois associée à une désaxation de la rotule.

Causes possibles
  • Anomalie morphologique de la rotule
  • Surentraînement ou augmentation trop brutale de la pratique sportive
  • Surcharge pondérale imposant des contraintes mécaniques excessives au cartilage
  • Symptômes
  • Douleurs à l’effort dans un premier temps puis dans la vie courante (descente d’escalier, piétinements prolongés, position assise sans bouger…)
  • Sensation d’instabilité et de blocage du genou
  • Guérir
  • Arrêt du running
  • Renforcement musculaire (principalement du quadriceps)
  • Prise d’anti inflammatoires non stéroïdiens
  • Physiothérapie par ionisations ou ultrasons
  • Faire de l’écoute de son corps un préalable quotidien à la pratique du running. On peut certes se faire violence pour surmonter ce qui s’apparente plus à la flemme qu’à la fatigue. Mais il est nécessaire de savoir modifier un plan d’entraînement lorsque le besoin de repos devient impérieux.
    Refuser obstinément de consulter un médecin spécialisé dans la traumatologie sportive malgré des douleurs installées. Personne ne peut lutter à terme contre une blessure. Et les conséquences du ‘désentraînement’ sont autrement plus importantes lorsque l’on retarde la période de coupure.

    De quelle blessure avez-vous souffert lors des douze derniers mois ?

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