Vraiment révolutionnaire ?

A grand renfort de buzz, adidas promet de révolutionner l’univers du running avec son Energy Boost. Qu’en est-il vraiment ? Le test de Runners.fr répond en exclusivité…

Un buzz centré autour du mot Révolution martelé, des paires distribuées à de nombreux testeurs dont votre serviteur avec une interdiction d’évoquer la chaussure avant aujourd’hui, des fuites volontaires ou pas sur le web, une grosse opération de communication à venir dans les médias : inutile de dire que la marque aux trois bandes mise énormément sur sa toute nouvelle ENERGY BOOST « un modèle qui promet de révolutionner la course à pied ». Alors, révolution ou pas ?

La chimie au secours de la course à pied

L’innovation majeure de cette chaussure, clairement en rupture par rapport à tout ce qui se fait par ailleurs, réside dans sa semelle intercalaire. L’habituelle mousse EVA est remplacé par un matériau granulaire compacté, utilisé dans l’automobile et développé par le chimiste BASF. Il est composé de milliers de petites boules, qui ont la propriété, assemblées entre elles (et lorsqu’elles sont soumises à une sollicitation comme une force d’impact du pied sur le sol) de s’écraser doucement, d’absorber l’énergie puis soudain de la libérer rapidement, à l’image d’un ressort en quelque sorte.

C’est le double effet Energy Boost : un amorti très moelleux à la pose du pied, puisque la répartition des billes fait qu’il est multidirectionnel, suivi d’un apport d’énergie important à l’impulsion, comme si c’était la chaussure qui voulait faire décoller le pied du sol. Cerise sur le gâteau, contrairement à l’EVA, le comportement mécanique de ce matériau est constant quelle que soit la température. Voilà pour la théorie …

Une ambiguïté à lever

Fervent adepte de la foulée médio-pied et des chaussures légères et flexibles, vous vous doutez bien, rien qu’en la voyant, que cette adidas Energy Boost n’est pas du tout faite pour moi. De fait, compte tenu de son drop important, de sa semelle très rigide, de l’étroitesse de son chaussant (malgré le matériau supposé élastique qui le compose), elle n’est pas du tout adaptée à une foulée médio-pied.

Et si tant est qu’elle le fût, il n’y aurait pas assez de « billes énergétiques » sous l’avant de la chaussure pour sentir l’effet Boost. Pour la tester, j’ai donc adopté une foulée « classique » attaquée par le talon.

Ça marche !!!

Soyons clair tout de suite : oui, tout ce que dit adidas est vrai. A l’impact, on a réellement une sensation d’enfoncement du talon dans de la mousse. Le mot moelleux est effectivement celui qui décrit le mieux cette impression. Pendant une fraction de microseconde, on se demande comment on va pouvoir décoller le pied du sol. Et tout à coup, ce dernier est littéralement repoussé du sol par la chaussure. Je dois dire que l’effet est assez bluffant.

L’expression « retour d’énergie » prend tout son sens. Les premières sorties avec l’Energy Boost s’avèrent très ludiques. On se prend même, ce qu’il ne faut pas faire bien entendu, à appuyer de plus en plus fort pour amplifier le rebond. A noter que sur des séances de fractionné à des allures rapides, l’effet rebond s’estompe voire disparaît. L’Energy Boost est donc plutôt taillé pour les séances à allure modérée. Attention, au début, de ne pas se lancer sur des sorties longues car une certaine fatigue se fait vite sentir au-delà d’une heure et il convient de prendre le temps de s’habituer.

Avec des contraintes

Pour que ce retour d’énergie s’exerce avec efficacité, il convient, d’une part, que la pose du pied sur le sol soit parfaite et bien à l’horizontale, d’autre part, que celui-ci soit très maintenu dans le chaussant.

La surface d’impact sous le talon est donc très importante et déborde même du chaussant mais surtout, je l’ai déjà dit, ce même chaussant est très étroit et le matériau semi-élastique qui le compose vient littéralement emprisonner le pied. Si vous avez le pied large, passez votre chemin. Cela dit, hormis au niveau des orteils, il n’y a pas de sensation d’écrasement car le confort a été particulièrement bien étudié.

Une question quand même

L’effet rendu d’énergie est réel, je l’ai constaté. Il est même impressionnant, comparé à d’autres modèles supposés eux aussi rendre de l’énergie au coureur. Je me pose tout de même quelques questions dont la principale est : un amorti ultra moelleux et une aide certaine à l’impulsion ne sont-ils pas de nature à affaiblir les chaînes musculo-squelettiques mises en jeu dans la foulée ?

D’où des risques potentiels à moyen ou long terme de blessures. Je n’ai pas la réponse. Autre question, plus commerciale cette fois : cette technologie est-elle appelée à se généraliser dans la gamme adidas et dans ce cas, quid de son couplage avec des matériaux plus dynamiques ?

Le verdict de Runners.fr

On ne pourra pas accuser adidas d’avoir enjolivé les vertus de sa nouvelle technologie. Le double effet annoncé, amorti moelleux et apport d’énergie, est bien présent. Il offre des sensations de course totalement inédites, à condition de se limiter, cependant, à des sorties à allure modérée.

Est-ce une révolution ? Tout dépend de ce qu’on entend par ce mot. D’un point de vue technologique, l’Energy Boost est radicalement différente de ses concurrentes. Est-ce un bien, est-ce un mal pour le coureur ? C’est sans doute dans la réponse à cette question que réside le succès de cette révolution.

Adidas ENERGY BOOST – en vente à partir du 27 février

Poids : 260 g (42 2/3 H)

Prix : 150€